jeudi 5 septembre 2013

Y'a quelqu'un?

Que vous soyez là ou pas, je m'en fou un peu.

J'ai besoin d'extérioriser ce que j'ai sur le cœur.

Bébé 2 est en route...

Maintenant que je suis enceinte, je dois être resplendissante, rayonnante, heureuse et fière de l'être. Bref, je dois dégager tous les stéréotypes collés à la fameuse grossesse merveilleuse de la femme parfaite. Vous savez celle qu'on voit dans les magasines, celle qu'on voit à la télé. LA Grossesse parfaite avec un gros G. La fille enceinte de 8 mois qui porte encore des talons aiguilles pour aller travailler!

Mais voilà que dans mon corps, et dans ma tête ça se passe tout autrement, et ce pour une deuxième fois!

De un, je déteste plus que tout être malade dans la vie de tous les jours. Enceinte, je me sens sur un lendemain de veille assez difficile 24/7. Tentez d'imaginer votre pire lendemain de veille, vous savez celui ou vous avez l'impression d'avoir dormi sur la corde à linge toute la nuit, ou vous vous réveillez avec un de ces mal de cœur intense qui ne vous laisse aucun répits jusqu'à ce que vous retourniez dans votre lit le soir venu. On se met au lit avec l'espoir que demain sera un jour meilleur et on se jure pour la 100iem fois qu'on n'abusera plus de l'alcool. Et bien, là, et seulement là, vous savez ce que je vis du matin au soir. Il faut aussi noter que je travaille dans une pâtisserie et que ça sent bon pour la majorité des gens qui entre dans la pâtisserie ... sauf pour moi! ÇA ME REND MALADE!

De deux, j'ai un très grand besoin de sommeil, et si je ne dors pas bien, ça se répercute sur ma vie en entier (et sur ceux qui m'entourent). Alors voilà comment se passe une nuit dans mon corps de femme enceinte: vers 8h00 je me dis que je devrais aller au lit parce que je cogne des clous depuis une heure déjà. Je tente de combattre le sommeil, au moins jusqu'à 9h00, question de me coucher un peu plus tard que ma fille de 2 ans (c'est mon orgueil qui parle!) Avant d'aller au lit on va faire un gros pipi, on brosse les dents et hop au lit. Maintenant que je suis dans mon lit, je devrais m'endormir, mais non! je me demande si je vais être capable d'endurer une autre journée comme celle d'aujourd'hui ou encore je m'inquiète de la réaction de ma fille quand le bébé arrivera, est-ce que je vais être capable de me partager en deux, etc! je me tourne, et retourne et ...ouch! une crampe dans le bas du ventre, je reste coincé un instant dans la position à moitié tourné avec l'oreiller de corps en suspension question que ma crampe diminue. Ok, c'est bon, on peut finir de tourner. Finalement, j'ai chaud, donc on retire une couverture et on ouvre le ventilateur. Je me recouche, ah fuck, j'ai envie de pipi encore. Pause pipi, retour au lit. Tourne d'un bord, tourne de l'autre, fini par m'endormir vers 11h00. 1h00 du matin premier réveil pause pipi. Retour au lit et tente de me rendormir, mais Ô merveille, chéri ronfle! Tourne et retourne on fini par s'endormir trois quart d'heure plus tard. Vers 4h00, une autre envie pressante me tire du lit. pause pipi, retour au lit, mari-chéri ronfle toujours. Tourne et retourne, on fini par retrouver le sommeil vers 4h30. 6h00 réveil pause pipi ENCORE UNE FOIS! Pause pipi, retour au lit, mon-chéri-d'amour est toujours dans un coma bruyant. Regarde le réveil matin, merde il ne me reste que 90 minutes pour dormir. Tourne et retourne...vite il reste pu beaucoup de temps pour dormir et je suis fatiguée! Tourne et retourne et ...crampe numéro 2 je reste en suspension dans mon mouvement. Ok, on peut se recoucher... bon la j'ai froid, on ferme le ventilateur, on rajoute une doudou, et on se ferme les yeux. 6h30 une petite créature de 2 ans se faufile dans le corridor en espérant atteindre la sale de bain avant que maman ou papa ne s'en rendent compte. Coup dans les côtes de mon amour, chéri Oli est debout. Enfin mari-adoré se lève et m'épargne la nuisance auditive de ses ronflements pour mes 60 dernières minutes. Tourne et retourne... endors-toi!!! BIP BIP BIP BIP FOUTU REVEIL MATIN!

Et c'est à ce moment que je me lève de peine et de misère, que je me traine à la salle de bain...ben quoi? J'ai encore envie de pipi! et je descend en bas voir mari-chéri et fillette-adorée, mais que je m'assois sur le divan le regard perdu dans le vide, un mal de tête et un sacré mal de cœur en prime. Je test ma glycémie à jeun parce que j'ai fait du diabète de grossesse à ma première grossesse et Ô surprise, je suis à 5.9, ça s'annonce mal! J'aimerais bien manger un peu, mais j'ai tellement mal au cœur que rien ne passe. Allez, on se force, je mange une toast avec un quart de cuillère à thé de confiture dessus. C'est pas pire, ça passe. Je m'habille, me brosse les dents, et je vais au travail et arrive en retard pour la 5 iem fois en 2 semaines parce que j'ai trop de mal à me lever le matin, et parce que j'ai tellement mal au cœur que ça me prend 45 minutes manger mon déjeuner. 2 heures après avoir mangé, je test ma glycémie... 9.8 OUPS :( Diabète de grossesse prise 2 here I come!

 Adieu toutes les choses que j'étais capable de manger sans que ça me donne mal au cœur, adieu mon lait au chocolat si bon avec n'importe quoi, adieu les écarts de conduites. Maintenant, il faut manger archi-méga-super-trop bien sans quoi bébé-chéri pourrait en souffrir. Important, je suis au quart de mes capacités au travail, car je combats heure après heure le mal de cœur qui ne me lâche pas une minute.

Maintenant, je me sens comme une machine à couver un être humain. Tout ce que je fais, je le fais pour lui. Je dors mal pour lui, j'ai mal au cœur pour lui, j'ai mal aux seins pour lui, je souffre pour lui, je dois manger encore mieux que mieux pour lui, je dois renoncer à ce que j'aime pour lui ... et il n'est même pas encore né. Pire encore, quand il me rendra mon corps, je serai plus grosse, avec de la peau molle au ventre, mes vergetures seront plus grandes et mes seins seront hyper douloureux... mais ce jour là, je serai enfin bien dans mon corps et dans ma tête, car nous serons 2 entités séparée l'une de l'autre et qu'à partir de ce moment, je pourrai enfin aimer de tout mon cœur cette petite chose qui m'aura envahit pendant 9 mois.

En attendant, dites-vous que les femmes ne sont pas toutes égales face à la grossesse. Certaine vivent ça très facilement, d'autres plus difficilement. Certaines passent par dessus les maux de toutes sortes et sont quand même super heureuse d'être enceinte, et d'autres vous répondront avec le sourire qu'elles sont heureuses d'être enceinte, alors qu'en fait, elles se cachent pour pleurer parce que c'est mal vu de ne pas aimer être enceinte. Certaine n'ont pas une nausée et aucun symptôme négatif et pourtant elle n'aime pas la grossesse. Rassurez-vous, cette incapacité d'être heureuse enceinte ne fait pas de nous des mauvaises mères! J'adore ma fille plus que tout au monde, j'ai juste détesté devoir la porter pendant 9 mois et je crois que c'est la même chose qui se reproduit une deuxième fois malgré tous les scénarios de grossesse merveilleuse que je m'étais créés pendant mes 2 ans d'essais bébé.

Aucun commentaire: